À la veille d’une nouvelle session du Parlement rural français (P.R.F.) consacrée à la transition énergétique dans les territoires ruraux, son président Bernard Delcros a tenu à replacer le débat dans un contexte plus large. Aux côtés de ses partenaires France Gaz Liquide (FGL) et Agridées, le P.R.F. s’intéresse particulièrement au coût et à la territorialisation de cette transition. Celle-ci doit désormais s’accélérer pour atteindre les objectifs nationaux de décarbonation, tandis que sa planification prépare la prochaine étape de la programmation pluriannuelle de l’énergie. Pour Bernard Delcros, comme pour de nombreux acteurs, une gouvernance territoriale impliquant l’ensemble des parties prenantes est indispensable.
La loi d’orientation agricole de 2025 fixe de nouveaux objectifs structurants pour les territoires ruraux. Quel rôle le Parlement rural français peut-il jouer pour accompagner sa mise en œuvre concrète ?
Le Parlement rural français joue d’abord un rôle clé en amont des lois en apportant sa contribution à leur élaboration et en portant la voix des territoires ruraux et de leurs acteurs. Mais son action se poursuit bien au-delà de l’adoption des textes : il suit dans la durée leur mise en œuvre effective.
Rassemblant de nombreux acteurs du monde rural — représentants agricoles, élus locaux, acteurs de terrain — le PRF s’appuie sur leurs retours pour identifier ce qui fonctionne, ce qui bloque et ce qui doit être amélioré. À travers les rencontres qu’il organise et ses travaux réguliers, il nourrit le débat national d’une expertise issue du terrain.
Concrètement, cela signifie évaluer l’efficacité des dispositifs, mesurer leur application, repérer les difficultés rencontrées et proposer les ajustements nécessaires. Concernant plus spécifiquement la loi d’orientation agricole de 2025, le Parlement rural pourrait jouer un rôle moteur pour expliquer la loi, favoriser les échanges et accompagner le monde agricole, notamment en organisant des sessions décentralisées comme chaque année.
À long terme, la ruralité doit-elle être pensée comme un enjeu sectoriel à défendre ou comme un projet global pleinement intégré aux grandes transitions ?
Je suis convaincu que la ruralité ne peut plus être réduite à un enjeu sectoriel. Elle constitue un véritable projet de société. Les grandes transitions que la France doit affronter — écologique, alimentaire, énergétique, sociale — ne pourront pas être réussies sans les territoires ruraux. Ces derniers portent des solutions concrètes, des innovations, de nouvelles façons de produire, d’habiter, de lutter contre le réchauffement climatique et d’organiser les services.
Au Parlement rural, nous défendons depuis longtemps cette conviction : la ruralité n’est pas en marge, elle se situe au cœur de l’avenir du pays. Elle doit être pleinement intégrée à la réflexion nationale et reconnue comme un atout stratégique pour construire la France de demain.

