Ruralitic, traditionnel rendez-vous de la fin août à Aurillac (Cantal), a célébré son vingtième anniversaire, marquant deux décennies d’avancées pour le numérique rural, avec un bilan globalement positif.
De manière générale, le numérique contribue à transformer la perception des territoires ruraux. Les pratiques culturelles, de divertissement comme de consommation, se sont rapprochées de celles des espaces périurbains. Parallèlement, la notion d’aménités rurales – à laquelle le P.R.F. a consacré une session territoriale en 2023 – s’est affirmée, et la contribution des campagnes au changement de paradigme vers plus de durabilité apparaît de plus en plus nette, notamment grâce aux réseaux d’objets connectés.
Parmi les facteurs déterminants de cette évolution figurent les réseaux déployés par le consortium public-privé du très haut débit. Mais Ruralitic a permis cette année encore de lancer un avertissement : « Si le réseau de fibre fait de la France le pays le mieux connecté d’Europe et devient ainsi stratégique, c’est un colosse aux pieds d’argile, car rien n’est prévu pour financer sa résilience, sa maintenance et son évolution à long terme. Les prix d’internet sont les plus bas du monde et aucune péréquation financière ne vient garantir le modèle, contrairement à celui de l’électricité », résume Sébastien Côte, commissaire général de Ruralitic.
Dans le même temps, le président du P.R.F., Bernard Delcros, aux côtés de la ministre Françoise Gatel, a replacé le numérique au cœur de la politique globale d’aménagement du territoire. N’est-il pas urgent d’investir dans l’innovation rurale, de la libérer dans les champs de l’éducation et de la santé notamment ? Les acteurs de ces secteurs en milieu rural s’organisent déjà pour garantir l’égalité des chances, tout en s’affranchissant de certaines lourdeurs réglementaires.
Ainsi, plusieurs parlementaires ont plaidé pour accorder aux préfets un droit de dérogation, qui leur permettrait de trancher lorsque l’arsenal législatif se contredit ou crée des situations de blocage.
Bernard Delcros (au micro) a insisté sur la nécessité de nouvelles approches dans les domaines de l’éducation et de la santé.

